Récit - Les oiseaux colorés sont de retour

Certaines soirées, banales au premier abord, prennent des dimensions bien plus intéressantes en prenant le temps d'observer avec plus d'attention.


Tout commence ce soir de mai qui nous sort à peine du dernier assaut de l'hiver. Nous partons en quête d'un oiseau qui, bien heureux de son habitat, a tendance à se sédentariser dans le sud de la France. Habitué pourtant aux grandes migrations, les conséquences du changement climatique lui offrent l'opportunité de ne plus entamer ce dangereux périple. Le Coucou-geai se plaît en Roussillon où la chenille processionnaire, son met de prédilection, y prolifère.


Nous partons donc avec pour objectif de repérer sa zone d'habitat, qui varie peu d'années en années. Arrivés sur place, près d'un village où quelques personnes se promènent, nous démarrons les prospections. La nature rayonne de vie. Les oiseaux sont nombreux à chanter et à chasser dans les nuées d'insectes volants, tandis que les arbres ont enfin retrouvé leur feuillage vert tendre. L'herbe grandit presque à vue d’œil et accueille des milliers d'insectes. Un garde manger de choix pour de nombreuses espèces d'oiseaux, qu'ils soient de passage ou peuplant ces lieux à l'année.


Dans un arbre s'agite le discret Gobemouche noir, qui inspecte les jeunes feuilles à la recherche de chenilles ou de mouches. Commun, il est toutefois rarement observé car il fréquente surtout le houppier des grands arbres. Il est fréquent de le croiser dans les arbres isolés ou dans des bosquets près de zones dégagées, cette configuration facilite grandement sa chasse aux insectes !


gobemouche noir stage photo oiseau perpignan
Gobemouche noir (Ficedula hypoleuca)

Très rapidement, nous entendons un cri familier. Il pourrait ressembler à celui du geai ou de la pie, mais le doute est impossible. Il ne s'agit pas du Coucou-geai, mais du Rollier d'Europe ! À peine arrivé de migration, il s'installe sur son territoire favori.


Mais cette année la surprise est grande. Ce n'est pas un couple de Rollier qui est présent sur le secteur, mais bien deux ! Deux couples se disputent la place, se chamaillent dans les airs, réalisant des acrobaties accompagnés de cris rauques et peu gracieux. Leur bleu électrique est toujours aussi fascinant. En vol, ils se confondent avec le ciel. Posés, ils sont étrangement mimétiques, arborant une large tâche rousse sur les ailes.