Récit de stage - Fin de brame en montagne


JOUR 1


17 octobre au matin, il fait encore nuit et nous nous retrouvons directement au départ de notre première randonnée. Les chutes de neiges précoces et récentes ne nous permettront pas de réaliser l'itinéraire prévu au départ, je décide donc de guider mon stagiaire sur trois secteurs différents pour ces deux journées qui se profilent.


Nous grimpons dans une petite vallée boisée. Le jour se lève peu à peu. Nous tendons l'oreille dans l'espoir d'entendre les derniers raires de la saison, mais les vagues de froid successive et les chutes de neiges en altitude ont visiblement définitivement stoppé le brame du cerf.

Il fait froid. Les bords de la rivière sont gelés. Les oiseaux chantent, le ciel est parfaitement dégagé et le vent absent, la journée va être belle !


Les premières grandes prairies s'ouvrent à nous. Les pentes sont encore un peu raides mais nous arrivons bientôt sur les plateaux d'altitude qui nous réserveront peut-être quelques surprises. En effet, quelques minutes après notre arrivée sur ces landes, nous apercevons notre premier animal du séjour. Un jeune cerf, regardant vers la vallée, semble nous avoir repéré.


Cerf élaphe (Cervus elaphus)

Il est loin sur la crête, mais la douce lumière du matin nous offre une superbe observation. Nous continuons de monter jusqu'aux abords d'une tourbière asséchée ou nous nous installons à l'affût. Nous resterons ici plus d'une heure à attendre la sortie d'un animal. Un jeune chevreuil fera son apparition au loin, un groupe de cerfs et biches sur le flanc de la colline d'en face, mais aucun ne viendra se montrer devant notre affût.


Nous décidons alors de rentrer aux voitures pour changer de secteur et partir pour la seconde vallée qui pourrait nous offrir de meilleures opportunités. En redescendant, nous tombons nez à nez avec une chevrette et son faon. Dans des mouvements d'une lenteur absolue nous parvenons à les photographier avant qu'elles ne repartent tranquillement dans le sous-bois.


Chevrette et chevrillard (Capreolus capreolus)

Nous prenons un repas rapide, avant de prendre la route qui nous mènera à un col à 2 000 mètres d'altitude. Le chemin à flanc nous conduit vers une petite vallée isolée encore bien enneigée. Les traces d'animaux sont peu nombreuses mais nous avons espoir de voir quelques individus fuyant les pentes enneigées et préférant le couvert forestier et les rochers ensoleillés.


Rapidement nous observons de nombreux oiseaux : craves à bec rouges, merles à plastron, accenteurs alpins...


Craves à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax)
Accenteur alpin (Prunella collaris)

Nous montons peu à peu dans cette vallée suspendue, bercés par le son sourd du torrent tout en bas. Les traces d'animaux sont assez peu nombreuses mais nous repérons rapidement trois chevrettes traverser la grande prairie à un rythme soutenu. Plus loin des mouflons calmes prenant le soleil nous offrent leur présence. L'après-midi passe vite et bientôt nous devons redescendre.


Chevrette (Capreolus capreolus)
Mouflon méditerranéen (Ovis gmelini musimon)

Pendant la descente, nous profitons des paysages somptueux que nous offre la vue sur l'Andorre. Le chant des merles à plastron résonne dans les pins à crochets et un mouflon guette sur les rochers au-dessus de notre position. La nuit arrive, nous devons partir. Demain un incroyable journée nous attend !

Merle à plastron (Turdus torquatus)


JOUR 2


Le froid est mordant ce matin, le mercure en dessous de 0°C nous oblige à gratter le pare brise. Nous partons pour une trentaine de minutes de route vers le départ de notre randonnée. Sacs sur le dos, repas dans le sac et thermos de thé, nous commençons à marcher. Très rapidement nous apercevons les premiers animaux en contre-haut. Biches et jeunes de l'année, isards et mouflons sont au rendez-vous. Il reste de la neige de la semaine passée, la progression risque d'être plus compliquée que prévu. Nous ne nous démontons pas et entamons la pente raide. La lumière commence à nous permettre quelques photos et nous commençons doucement avec une belle harde de quelques isards peu soucieux de notre présence !



Rapidement nous les laissons tranquille et continuons à monter. La neige devient omniprésente mais les ambiances sont splendides. La lumière basse de l'automne ne nous permet pas encore d'être au soleil et une brise glaciale descend des sommets.


Isards (Rupicapra pyrenaica)

Nous profitons de l'arrivée des rayons de soleil pour s'arrêter manger. Nous observons de loin le ballet des vautours qui profitent du milieu de journée pour s'élever dans le ciel en quête d'une carcasse. Toute la journée nous avons la chance d'observer des isards. Le comportement des mâles laisse présager que le rut est sur le point de commencer.


Soudain au dessus de nous, un mâle solitaire apparaît entre les herbes illuminées par le soleil. Une ambiance presque féérique !



Nous profitons de ces dernières minutes immergés dans cette nature sauvage avant de redescendre dans la vallée. Un super weekend riche de rencontres, parfois lointaines, parfois plus proches, et un nombre d'espèces rencontrées assez intéressant !


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